Les Etés de la Danse – Alvin Ailey (1er août)

Pour ma deuxième incursion aux Étés de la Danse, le programme proposé par l’Alvin Ailey American Dance Theater était plus éclectique, permettant de mieux apprécier les qualités des danseurs de la troupe indépendamment de l’héritage constitué par les pièces d’Alvin Ailey. On fait ainsi le grand écart entre une pièce néo-classique de Hans van Manen, Polish Pieces, créée pour le Dutch National Ballet sur des compositions du compositeur polonais avant-gardiste Henryk Górecki et Home, une commande de la compagnie Alvin Ailey au chorégraphe hip-hop Rennie Harris, rythmée par une house music aux accents soul.

Polish Pieces - Hans van Manen

Polish Pieces – Hans van Manen

C’est assez fascinant d’observer comment ces danseurs à la morphologie très athlétique et musculeuse s’approprient le néo-classicisme intellectualisant bien européen de Hans Van Manen, plus adapté à des danseurs de pure formation classique, même si l’on perçoit que, dans ce répertoire, ils sont confrontés à leurs limites techniques.

Ambiance hip-hop pour Home de Rennie Harris

Ambiance hip-hop pour Home de Rennie Harris

Contrairement à Polish Pieces, Home ne se veut pas une pièce abstraite, mais est inspirée par les contributions artistiques à un concours sponsorisé par une firme pharmaceutique sur le thème de la lutte contre le SIDA tant au niveau de l’individu que de la communauté. Le message de la chorégraphie n’est pas forcément flagrant, et ce sont plus les passerelles que le chorégraphe construit avec l’oeuvre d’Alvin Ailey qui interpellent, au travers notamment de références à certains tableaux de Révélations.

Home

On retrouve ici la foi et la spiritualité qui donnent sa force à la communauté de Révélations dans un univers urbain coloré qui vibre aux pulsations de la house music. Une musique qui sait se faire plus douce pour laisser la place à des moments introspectifs où l’explosivité brute du hip hop fusionne avec le magnifique travail du torse et des bras propre à la troupe.

J’ai revu sans déplaisir Four Corners de Ronald K. Brown, dont les qualités ressortaient plus au sein de ce programme qu’associé aux pièces maîtresses d’Alvin Ailey. Là encore une pièce à forte connotation spirituelle qui associe des éléments de culture urbaine à la danse africaine et à la modern dance sur un intriguant mix musical où l’on perçoit des sonorités hip hop,jazz et R&B. Les danses féminines y sont particulièrement fortes.

Ostrich

Ostrich

Enfin, 2 très courts solos masculins se répondent dans cette après-midi. Awassa Astrige / Ostrich est une chorégraphie d’Asadata Dafora datant de 1932, où, au battement du tambour africain, un jeune guerrier se métamorphose en autruche par la magie d’un costume et des jeux d’ombres et de lumières sur scène. On retrouve dans Takademe, pièce du directeur actuelle de la compagnie Alvin Ailey, Robert Battle, cette même inspiration tribale teintée d’humour qui met en valeur une danse instinctive et libérée.

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