Désordres de Samuel Murez (9 juin)

Direction Rueil-Malmaison en ce dimanche pluvieux pour découvrir les danseurs de l’Opéra de Paris dans la création de Samuel Murez, un montage cohérent de ses pièces mêlant chorégraphies néo-classiques virtuoses et pièces humoristiques faisant la part belle aux talents de mimes des danseurs.

Le spectacle de 1h45 a son Monsieur Loyal, une sorte de Joker, le Trickster incarné par Samuel Murez. Il va nous guider dans son univers où se mêlent le cinéma (il y a un petit côté Tim Burton dans la mise en scène), la culture « geek » et surtout la danse dans ce qu’elle a de plus exigeant. Sur scène, on ressent l’enthousiasme des danseurs : ils ne sont pas de simples exécutants, mais ils adhèrent complètement à la proposition de Samuel Murez.

Revue des temps forts du spectacle …

Cela démarre très fort avec la Valse Infernale : on est sidéré notamment par la technique incroyable de François Alu. C’est un privilège d’admirer de si près ce jeune homme qui enchaîne les difficultés avec insouciance et que tout destine à devenir une des grandes stars de la danse.

Quatre, dans la même veine néo-classique pimentée par une saine auto-dérision, évoque les rapports entre les danseurs. François Alu gagne le prix des pirouettes les plus improbables. Fabien Révillion et Mathieu Botto essaient de remporter les suffrages du public féminin tandis qu’Hugo Vigliotti joue la carte du clown avec brio.

La Danse des Livres où les deux « geeks », double du metteur en scène, interprétés par Takeru Coste et Mathieu Botto, essaient de percer le mystère de la femme (Lydie Vareilhes) grâce un manuel utilisateur, est un petit bijou d’humour et d’émotion.

La star de la troupe, c’est Ludmila Pagliero. Devenue étoile, elle n’en a pas abandonné pour autant ses camarades du 3ème étage (le nom de la compagnie de Samuel Murez, qui est aussi l’étage où se trouvent les loges de ses danseurs à Garnier). Elle fait un joli numéro avec Takeru Coste sur un pas de deux à la Wayne McGregor, Processes of Intricacy, légèrement décalé puisque le chorégraphe nous fait découvrir l’envers du décor : pas de musique, juste les respirations des danseurs absorbés par leur effort physique et les indications liées à l’éclairage et la scénographie.

Les flyers et le programme du spectacle

En bonus, la troupe nous propose Premier Cauchemar, avant-goût d’un futur ballet, déjà découvert à l’amphithéâtre Bastille cet hiver, avant de terminer par une séance d’échanges avec le public qui a visiblement particulièrement apprécié le spectacle.

Léonore Baulac et Samuel Murez

Samuel Murez mériterait vraiment de se voir commander une chorégraphie par l’Opéra de Paris. Je trouve en effet que ses créations  possèdent pas mal des qualités que nous attendons de cette grande maison : le respect de l’héritage « classique », l’originalité, une intelligence du cœur qui n’est pas « rasoire », la capacité à toucher un large public et aussi des interprêtes qui sont l’avenir de l’institution.

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