Le Ballet de Milan à Bobino (7 février)

15/02/26 | Compte-rendus | 0 commentaires

Au hasard d’une correspondance de métro, mon regard a été happé par une affiche promo pour un Boléro par le Ballet de Milan à Bobino. Les accroches « Ambassadeur de la Danse Italienne dans le Monde » , l’iconographie choisie et la mise en avant du Boléro pouvait induire à penser que le Ballet de la Scala faisait une escale dans le temple du music-hall de la rue de la Gaité.

Le Ballet de Milan est en fait une compagnie italienne régionale qui, avec une quinzaine de danseurs permanents, tourne dans des salles moyennes, proposant des productions maison au style néo-classique. Ce répertoire puise dans des titres très connus, adaptés aux contraintes d’une petite compagnie : Notre Dame de Paris, Roméo et Juliette, Carmen ou encore ce Boléro proposé à Paris.  Bobino propose un cadre intimiste, idéal pour apprécier ce spectacle d’une heure chorégraphie par Adriana Mortelliti qui s’organise en deux parties.

La première partie (La Vie en Rose …) s’apparente à une revue de music-hall, qui rend hommage à l’âge d’or de la chanson française, de Piaf à Montand en passant par Brel et surtout Charles Aznavour, au fil de tableaux indépendants où la chorégraphe laisse la place à l’interprétation théâtrale. La proximité avec la scène et les danseurs permet d’apprécier la qualité des artistes. Si la salle ou la site de la compagnie n’ont pas jugé bon de fournir de distribution, une petite recherche sur la toile et les réseaux sociaux permet de constater que la troupe a un bagage de technique classique tout à fait honorable, avec des références telles que la Royal Ballet School de Birmingham, l’Ecole de la Scala ou le Ballet National d’Estonie. On se prend volontiers à fredonner ces airs du patrimoine, dont la structure narrative permet aux danseurs d’exprimer toute une palette d’émotions. Il y a comme un petit air de Roland Petit (toute proportion gardée) qui flotte sur scène.

La seconde partie consacrée à une énième chorégraphie sur le Boléro m’ a moins convaincue. Le souvenir de la chorégraphie de Maurice Béjart est trop présent sur cette pièce et même si Adriana Mortelliti ne plagie pas le chorégraphe franco-suisse, il n’en reste pas moins que l’esthétique de la pièce (néo-classicisme, érotisme) renvoie inéluctablement à cette œuvre de référence, tout comme la structure des pas de deux reprend certains code béjartiens. De plus, la scène est trop petite pour permettre à l’énergie de l’ensemble des danseurs de se déployer, et je reste plus que sceptique sur le choix minimaliste pour les costumes des messieurs qui tire la chorégraphie vers un strip-tease déguisé, pas du meilleur goût. Toujours dans l’esprit du music-hall, on termine par des saluts dansés sur le « Alors on danse » de Stromae, pour conclure agréablement une grosse heure de spectacle qui saura plaire aux amateurs de danse, comme aux néophytes qui apprécieront des chorégraphies et des musiques qui parlent au plus grand nombre.

Mots Clés: Le Ballet de Milan

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