Spectacle de l’école de danse 2014 (8 avril)

Le spectacle de l’Ecole de Danse, c’est un peu une parenthèse enchantée dans la saison. Les petits rats s’emparent avec gourmandise de la scène de l’Opéra Garnier et nous dévoilent leurs talents : virtuosité technique, poésie, capacité à faire passer l’émotion, esprit de troupe.

La première partie de la soirée est dédiée à la valorisation du style de l’école de danse française et à la validation des acquis techniques des élèves.

Concerto en Ré

Concerto en Ré, chorégraphié en 1977 par l’ancienne directrice de l’école, Claude Bessy, réunit toutes les classes sur scène. On ne peut être qu’attendri quand les plus petits arrivent sur scène. Le « mini » corps de ballet a déjà tout d’un grand : musicalité, synchronisation, souci du geste parfait. Le tableau final est magnifique avec l’ensemble des élèves qui forment une corolle autour de la plus petite des petits rats.

Napoli

Après la démonstration de la puissance du groupe, les 2 chorégraphies du suédois Bournonville mettent en lumière les individualités des plus grandes classes. Dans le pas des deux de la Fête des Fleurs à Genzano, Coralie Grand et Wan Huh font une superbe démonstration technique. Le pas de six et la tarentelle de Napoli sont un hymne à la joie de danser, avec le mouvement ininterrompu, la rapidité et la légèreté de la petite batterie.

Tarentelle de Napoli

Tarentelle de Napoli

La deuxième partie met en valeur les qualités d’interprétation des jeunes danseurs dans des œuvres d’inspiration néo-classique.

Scaramouche et ses joyeux comparses

Scaramouche et ses joyeux comparses

Le Scaramouche chorégraphié par José Martinez explore l’imaginaire d’apprentis-danseurs. A quoi peuvent bien rêver les petits rats avant le début de la classe ? Sous la houlette de Scaramouche, interprêté par Julien Guillemard, qui manifeste une belle présence scénique, les plus jeunes élèves sont entraînés dans une suite de saynètes fantaisistes et poétiques. Si la première partie, le Petit Théâtre della Commedia dell’Arte, est charmant, c’est le passage où la petite danseuse rêve des grands ballets classiques qui m’a vraiment emballée. Les ravissants costumes créés par Agnès Letestu et la scénographie imaginée par José Martinez contribuent à créer l’ambiance d’un acte en blanc en réduction : félicitations aux petites ballerines et au mini Albrecht pour cet instant magique.

Yondering

Yondering

C’est une chorégraphie de John Neumeier, Yondering, qui conclut brillamment le programme. Dans cette pièce chorégraphiée pour des écoles de ballet, c’est le passage à l’âge adulte qui est évoqué, au son de chansons du folklore américain, interprétées par le baryton Thomas Hampson, qui distillent une douce nostalgie. On y retrouve les marqueurs du chorégraphe néo-classique, et certaines similitudes avec ses œuvres pour les grands. Mes morceaux préférés: Jeannie with the Light Brown Hair, le trio masculin introductif, Molly Do You Love Me, un magnifique pas de deux où Margherita Venturi et Florimon Poisson arrivent à faire passer l’émotion en dépit de la difficulté des portés, et enfin le pas de trois Beautiful Dreamer (Isaac Lopez Gomes, Axel Magliano et Eugénie Drion) qui n’est pas sans rappeler celui de la Nuit dans la 3ème Symphonie de Mahler dans sa construction.

Ce qui frappe dans cette soirée, c’est qu’à aucun moment on ne se dit que c’est un spectacle « amateur ». Le côté déjà très professionnel des élèves n’efface pas pour autant leur émerveillement palpable d’être sur scène, qu’on aimerait parfois retrouver chez leurs aînés. Cette fraîcheur et cet engagement sans calcul ont été très chaleureusement salués par le public, un avant-goût de futurs triomphes à Paris ou sur d’autres scènes.

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